Le culte de la Liberté

Le culte de la Liberté

lundi 17 juillet 2017

La France plongée dans ses contradictions

L'article qui suit semble être plus franco-français. Cependant, les mêmes démons se cachent dans notre société belge et la même actualité revient à la une avec une régularité fatigante. La France a sans doute ses contradictions à elle. Mais elle n'est pas seule à les avoir.
On pourrait rétorquer à cet article que la rencontre toute récente entre M. Macron et M. Netanyahu, pendant laquelle le président français a traité l'antisionisme d'antisémitisme remet les pendules à l'heure. Mais à l'heure de qui ? La contradiction n'est que plus flagrante quant on dit une chose à M. Abbas et une autre, contraire, à M. Netanyahu. Tôt ou tard, il va falloir choisir. Jusque là, les contradictions demeurent. A partir de cela, soit un vrai ami du peuple juif se révélera, soit l'esprit de l'antichrist se manifestera. Je crains fort que ce sera la deuxième option.


Ces derniers mois, la multiplication des rendez-vous électoraux et son cortège de surprises en tout genre, de “scandales” mis en lumière ou au contraire noyés dans le bouillon médiatique, a révélé le pouvoir extraordinaire et manipulateur des organes de communication télévisuelle et plus encore des réseaux sociaux infectés et infectant les esprits sans aucun remède.
Les “complotistes” y ont vu la main invisible des “puissants” anonymes qui placent leurs pions sur l’échiquier géant de la planète, ou plus modestement de notre douce France.
L’électeur téléspectateur, consommateur de Facebook, Twitter et autres sites internet pseudo indépendants, a cru pouvoir trier le flux continu d’informations contradictoires, soigneusement enrobées par des spécialistes en communication extrêmement performants. Il n’en a rien été.
Les soupçons et la présomption d’innocence se sont rapidement transformés en certitudes et jugements irréversibles, des armes médiatiquement létales. Les élections passées, le système n’a pas changé.
La seule manière de réduire l’influence de telle ou telle nouvelle consiste alors à l’étouffer sous un magma d’informations que l’on sait inutiles et qui viendront masquer l’essentiel, le réellement pertinent.

C’est ainsi que bien peu de Français ont eu vent des dernières informations relatives au Moyen-Orient et Israël en particulier. Cela dit en passant, j’avoue que quelquefois, je me passerais bien de voir Israël à la une des journaux. Mais il y a des signes inquiétants, parce que persistants, dans l’attitude de la France à l’égard d’Israël et du peuple juif.
Il y a quelques jours, le président Macron a accueilli Mahmoud Abbas à l’Elysée lui assurant son soutien indéfectible à une solution de paix basée sur le principe de deux Etats, une solution qui pourtant, en coulisse, a de moins en moins d’adeptes sérieux. Il soulignait également sa condamnation de la “colonisation” par Israël.
Mais comment en aurait-il pu être autrement dès lors que monsieur Macron avait qualifié (avant son élection) la colonisation française de crime contre l’humanité ? Le choix des mots et des sujets n’était ainsi pas anodin. Soyons-en certains.
Les médias et les politiques ne peuvent imaginer un seul instant le terme “colonisation” associé à quelque chose de positif, aussi, le relier en permanence à Israël ne peut que participer à la diabolisation de cette nation. Substituez le mot “colon” à celui de “nazi” et vous percevrez rapidement l’effet dévastateur produit dans les esprits. Certains se demanderont alors pourquoi cette diabolisation à outrance et systématique d’Israël au travers de vocables que l’on sait “sensibles” pour nos concitoyens ? La “culpabilisation” de la France au travers de son aventure coloniale historique — une aventure partagée par la plupart des pays européens — est devenue un instrument politique visant à “adoucir” la rancœur des populations immigrées — d’autres s’empresseront d’ajouter, à “justifier” leur colère — celle de ces anciens “colonisés” qui, pas si rancunier finalement, sont venus s’installer en France.
Sauf que la colonisation française étant de l’histoire de plus en plus ancienne, fort distante des générations d’aujourd’hui, il faut un autre exutoire qu’Israël incarne parfaitement dans le monde arabo-musulman. Israël est le “colonisateur” malfaisant sorti d’on ne sait où dont la légitimité est ainsi contestée de toutes les manières. Ainsi donc, les Juifs sont le seul peuple existant sans histoire et sans terre s’inscrivant dans un “réel” officiellement reconnu. La création de leur Etat relève d’une “erreur” historique découlant de la barbarie nazie. Ils sont l’incarnation fautive des colonisateurs européens qui les ont “laissés” s’installer sur une terre qui ne peut par essence que leur être “étrangère” dès lors qu’ils sont désignés comme “colons”.
De la sorte, le discours politique ne s’inscrit plus dans la vérité intrinsèque de l’histoire, mais dans une réécriture accommodante dont les vertus restent discutables.

Pour le croyant, c’est là que se trouve le dilemme. On peut être plus ou moins d’accords avec les choix politiques de son pays. Il est possible même de discuter de ses arguments, de contester leur pertinence. Mais le dialogue devient nettement plus compliqué quand les vérités historiques les plus élémentaires et les plus évidentes sont délibérément bafouées.
C’est ainsi que nous avions dénoncé le vote à l’UNESCO de la France qui semblait cautionner, en novembre dernier, la qualification de Jérusalem et de sa vielle ville de site islamique, faisant fi de la réalité historique au détriment des Juifs, mais aussi indirectement des chrétiens.

Qu’importe les critiques et les condamnations, l’UNESCO, devenue pour ainsi dire un organe onusien de propagande islamique, poursuit sa politique infâme de délégitimation d’Israël. Et l’élection de monsieur Macron à la présidence de la République ne permet pas d’entrevoir d’inflexion aux relations paradoxales que notre pays entretient avec Israël et le peuple juif.
La “bienveillante” abstention de la France à l’UNESCO lors du vote récent en faveur de la reconnaissance du caveau des patriarches à Hébron comme site palestinien — entendez par là uniquement musulman et donc non-juif — est un affront de plus et un négationnisme politique révélateur.

La réponse d’Israël ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Le Premier ministre israélien a déclaré la création prochaine d’un musée du patrimoine juif à Hébron. Et nous pouvons être certains qu’il ne sera pas vide comme le musée de l’histoire de la “Palestine” de Ramallah financé à coup de millions de l’Union européenne.

Au regard du positionnement français à l’UNESCO, reflet patent d’une politique inqualifiable à l’égard d’Israël qui n’a finalement pas varié depuis 50 ans, on relèvera la décision commune des ministères de la Culture et de la Justice d’ouvrir l’accès aux archives du procès de Klaus Barbie, condamné il y a 30 ans pour crime contre l’humanité. Selon les ministres, la mesure a été prise afin de lutter contre le négationnisme et l’antisémitisme en France.
Bien entendu, en tant que telle, on ne pourra que saluer la décision si prompte d’un gouvernement à peine installé. Mais la déclaration est un peu l’arbre qui cache la forêt. L’antisémitisme et le négationnisme sont dans le discours officiel exclusivement d’extrême droite. Ils sont le chiffon rouge agité pour détourner l’attention et faire oublier que l’antisémitisme quotidien que connaissent les Juifs en France est essentiellement issu de la communauté arabo-musulmane. Au négationnisme traditionnel relatif à la Shoah se superpose de façon récurrente celui à propos de l’histoire du peuple d’Israël, qu’elle soit dans la Bible ou plus contemporaine.
Ce négationnisme arabo-musulman transpire dans les décisions de l’UNESCO et la France apporte sa caution à minima en s’abstenant lors des votes proposés.

Les Juifs comme les chrétiens s’inquiètent de ce double standard de la politique française qui depuis des années déclare vouloir lutter contre l’antisémitisme dont les Juifs sont de plus en plus victimes, et en même temps ferme les yeux sur l’antisémitisme arabo-musulman qui ne cesse de se développer dans les banlieues. Il y a indéniablement un calcul politique dont les conséquences ne sont pas mesurées.

Par ailleurs, l’insistance à dénoncer le pseudo “colonialisme” d’Israël est en réalité une forme de négationnisme que, je pense, tout croyant devrait dénoncer. En laissant s’installer le mensonge historique au sujet d’Israël, les chrétiens eux-mêmes finiront par en pâtir.

L’heure n’est plus au grand discours ou la recherche à tout prix d’un consensus. La vérité est seule en cause et c’est elle qui réellement rend libre. Se taire ou s’abstenir est un délit de fuite pour lequel on finit toujours par être rattrapé.

Guy Athia
Le Berger d'Israël

Source de l'article : Blog: www.lebergerdisrael.blogspot.fr

mercredi 5 juillet 2017

Sri Lanka : 195 faits de persécution contre les chrétiens en 2 ans

Le Sri-Lanka est un état bouddhiste. C'est donc un pays tolérant ? Après tout, c'est ce qu'on nous répète si facilement : le Bouddhisme est une religion de tolérance. Un Bouddhiste ne ferait pas de mal à une mouche.
Voici un petit rappel pour remettre les montres à l'heure.
La tolérance est une fleur rare dans ce bas monde. Très rare.


Au Sri Lanka, 195 faits de persécution contre les chrétiens ont été recensés en deux ans. Pour l’avoir dénoncé, un avocat en fait les frais.

C’est le rapport de l’Alliance Evangélique du Sri Lanka qui a servi de détonateur. Dans ce document sont consignés 195 faits de persécution depuis la mise en place de l’actuel gouvernement, en 2015. Parmi les plus récents, on apprend par exemple que le 18 mai dernier une trentaine de moines bouddhistes ont attisé la colère d’une foule d’environ 2 000 manifestants contre un lieu de culte chrétien à Devinuwara (district de Matara).

Un avocat “trop bavard”
En se référant à ce rapport au cours d’une interview télévisée le 14 juin, l’avocat Lakshan Dias n’a pas hésité à dénoncer l’augmentation flagrante de l’intolérance religieuse au Sri Lanka. Son intervention a mis le feu aux poudres : dès le 16 juin le président Maithripula Sirisena rejetait ces affirmations. Le lendemain, le ministre de la Justice et des Affaires religieuses menaçait de démettre l’avocat Dias de sa profession en exigeant qu’il revienne sur ses déclarations et qu’il présente officiellement des excuses. “Ces menaces sont absolument répréhensibles”, a répondu l’avocat, soutenu par plus de 200 défenseurs de la liberté d’expression.

Les chrétiens de plus en plus marginalisés
“J’apprécie et je félicite l’avocat pour ce qu’il a fait. Pourquoi remettre en cause la liberté d’expression que garantit notre Constitution ?”, dit un responsable chrétien. Un autre chrétien confie : “Ces menaces m’inquiètent. Je préfèrerais que le gouvernement s’attaque sérieusement au problème de l’intolérance religieuse au lieu de laisser la marginalisation gagner les minorités qui dépendent de lui et demandent sa protection.”
Le Sri Lanka occupe le 45ème rang sur l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens. Portes Ouvertes soutient et fortifie les chrétiens sri lankais par des formations qui les aident à faire face aux discriminations et aux intimidations.

Légende photo : l’avocat sri-lankais Lakshan Dias (Lanka Newsweb / YouTube)




jeudi 29 juin 2017

Une école primaire juive de Londres menacée de fermeture pour ne pas enseigner la théorie du genre

Et si cela devait menacer nos écoles chrétiennes ?

Juin 28, 2017

Un organisme public de contrôle des écoles privées a donné un avertissement à une école juive orthodoxe de Londres, parce qu’elle ne donnait pas de cours sur l’homosexualité ou la réassignation de sexe. L’établissement pourrait être fermé.

L’école pour filles orthodoxes Vishnitz, située à Hackney à Londres, est dans le collimateur de l’Ofsted, organisme britannique de surveillance des établissements privés, pour son enseignement conservateur, selon le journal The Telegraph.

L’établissement, qui accueille des enfants âgés de trois à huit ans, se voit reprocher de ne pas inclure dans ses programmes la problématique de “l’orientation sexuelle”, la théorie du genre, ou encore l’homosexualité. Selon l’Ofsted, l’école ne donne pas à ses élèves une “compréhension complète des valeurs britanniques fondamentales”.
Pour l’organisme, cela “restreint le développement spirituel, social et culturel des élèves et ne promeut pas l’égalité ni ne prend en compte les différents modes de vie”.

Or, les établissements scolaires britanniques sont contraints, par la Loi sur l’égalité de 2010, d’enseigner aux enfants ces sujets concernant l’identité sexuelle.

Dans le cas où l’école persisterait, elle risque la fermeture par le ministère de l’Education.


mardi 27 juin 2017

Nous croyons

Voici ce que Citizengo.org vient d'écrire au président Macron. Ce n'est pas une confession de foi, mais bien une confession de convictions, celles de tout chrétien, et, probablement, bien au-delà des frontières du seul Christianisme.

Nous croyons que la grandeur de l’homme est dans la défense des personnes les plus fragiles.

Nous croyons que la vie doit être protégée de la conception jusqu’à la mort naturelle.

Nous croyons que la famille est la composante essentielle de toute société, et qu’elle doit, à ce titre, être préservée des idéologies.

Nous croyons, qu’il appartient aux parents, et aux parents seuls, d’éduquer leurs enfants. Et que s’ils délèguent une partie de cette responsabilité à l’Education nationale, ce n’est pas pour que l’école devienne un lieu d‘endoctrinement des esprits.

Nous croyons que les chrétiens et les minorités religieuses persécutés au Proche-Orient ou ailleurs doivent être défendus.

Nous croyons, enfin, que la liberté de conscience et d’expression ne peut être entravée qu’au risque de fragiliser davantage encore notre démocratie.

samedi 17 juin 2017

La dictature des crédules

Le domaine de nos libertés individuelles, autrefois si bien protégé, est en train de rétrécir sérieusement. De nouveaux totalitarismes s’implantent et de nouveaux esclavages se discernent à un horizon qui lui se rétrécit également.
Au fur et à mesure que la vérité, fondement de toute vraie liberté, est battue en brèche et que les anciennes valeurs sont jetées aux orties, notre monde se transforme en une société fondée sur le mensonge. Trop pessimiste ? Cet article veut montrer ce qui se passe.

La foi en ces mensonges – et leur effet est cumulatif – est de créer ce que j’appelle la dictature des crédules. Le rétrécissement de la vérité va de pair avec une crédulité qui dépasse le crédible. Cette crédulité est accompagnée de l’établissement d’une intolérance absolue et méchante de toute autre conviction. Le résultat est le monde nouveau dans lequel nous vivons. Quant à la finalité, il faut sans doute s’attendre à l’accueil du Menteur par excellence.

Les climatocrédules [1] et la chasse aux sorcières
Pendant quelques années, j’ai habité en Afrique. Une des choses qui m’a frappée dans la culture africaine est la recherche, lors d’un décès, du coupable. Il n’est pas possible que quelqu’un meure “comme ça”. Quelqu’un, un tiers, porte nécessairement la responsabilité de cet événement anormal. D’où le besoin de la sorcellerie, car il faut le découvrir (dans les deux sens) et le punir.

Dans le débat qui entoure le climat, cet état d’esprit “primitif” est très évident. Le réchauffement climatique, s’il est réel – j’y reviendrai –, est un de ces événements anormaux pour lequel il faut trouver un coupable. Cela ne peut arriver autrement que par quelqu’un. Il n’est pas acceptable de penser que cela puisse arriver sans coupable, “comme ça”. Et ce coupable est forcément l’homme, le seul coupable contre qui il est possible d’agir. Est-ce raisonnable ? Non. La preuve scientifique d’une origine anthropique d’un éventuel réchauffement climatique n’a jamais été fournie, et n’est pas prête à être fournie. D'ailleurs, le GIEC n’est pas mandaté par l’ONU pour étudier les causes naturelles du changement climatique, mais uniquement l’impact de l’homme sur celui-ci. Il ignore donc l’impact déterminant de la nature sur les changements climatiques historiques, avant que l’homme ne se met à utilise les énergies fossiles.

Dans un monde qui a balayé Dieu, la recherche des coupables – la chasse aux sorcières – n’est pas devenue plus facile. Après tout, il est inconcevable de se croire abandonné à un destin aveugle. Cela a toujours été un relent de religion dans la société. Il est donc impératif d’imaginer un coupable humain et de prendre son sort en mains. Dès lors, malheur à qui veut rompre le charme et briser le sortilège que l’on s’est jeté à soi-même. Par ailleurs, n’est-ce pas un sentiment agréable que de croire pouvoir faire quelque chose, plutôt que de subir sans rien faire ? Est-ce la raison de la violence des uns et de l’arrogance des autres devant ceux qui refusent de croire à ce mensonge et qui refusent ainsi de se croire coupables ? Trump est donc nécessairement celui par qui le scandale arrive. Tous n’ont-ils pas reconnu leur culpabilité commune ? L’Accord de Paris n’était-il pas conclu à l’unanimité ? Trump, et les idiots qui pensent comme lui – est-ce d’ailleurs vraiment “penser” que de s’opposer à l’évidence ? – sont à écarter. A quand une inquisition “climatiste” ? Certains y pensent déjà.

La démocratie atteint ses limites
Oui, mais Trump n’est-il pas élu démocratiquement ? De cela, on n’en a cure. L’élection de Trump avait déjà montré les limites de la démocratie, et pas qu’aux USA. Sa décision de sortir de l’Accord de Paris a encore attisé le feu anti-démocratique. Nos gouvernements y jouent un rôle très prononcé. Mais vous imaginez les réactions dans notre vieille Europe si Trump avait eu le toupet de dire ce que M. Macron s’est cru permis de dire en public ? On énumère et on encourage ceux qui, aux USA, s’opposent à la décision du président Trump. Nos média et nos politiques se délectent devant cette révolte anti-Trump. Il est devenu “la sorcière” à brûler, le démon à abattre. Et dans ce jeu, tous les coups sont permis.

Je me suis posé la question opposée : Comment cela se passerait-il chez nous ? Imaginez un bourgmestre – un maire –, un gouverneur de province, un préfet ou le gouvernement d’une région, qui déciderait de faire bande-à-part contre le lobby climatique. Quelle liberté politique y aurait-il pour une telle région d’encourager et de décider des politiques en sens opposé ? Par exemple, si, en Belgique, la région flamande devait s’embarquer dans une politique en désaccord avec l’Accords de Paris ? Ou, en France, si la région PACA devait prendre une telle décision ? Croyez-vous qu’on les laisserait faire ? Pensez-vous qu’on accepterait de bonne grâce les encouragements officiels du gouvernement américain à l’adresse de ces régions politiquement très incorrectes ? Poser ces questions est déjà y répondre.

Oui, mais, dira-t-on, ce n’est pas pareil ! De un, Trump a pris sa décision sur un coup de tête, influencé par le lobby pétrolier. C’est un “écocide”. Permettez-moi de vous suggérer la vidéo suivante, “Que penser de la sortie américaine de l’Accord de Paris ?” qui y répond fort bien : https://www.youtube.com/watch?v=SNmXHos0fuk[2]
De deux, c’est un crime contre l’humanité. Car le réchauffement nous fera "cramer" tous, à moins de tenir tous ensemble contre lui et de faire baisser la température. J’avais déjà réagi à cela sur ce même blog (ici : http://alternatio.blogspot.be/2015/08/sagesse-et-flatterie.html). Lorsqu’on tend à créer un mouvement de panique basé sur un mensonge, ce dernier ne se transforme pas par un coup de baguette magique en vérité.

Mais allons un peu plus loin.

L’unanimité derrière l’Accord de Paris
Cette belle unanimité à Paris est en fait un argument spécieux. Son fondement n’est pas réellement dans la force de l’argument. Pour quelle raison, beaucoup de pays sous-développés ont-ils adhéré à un accord qui ne peut que coûter beaucoup d’argent ? Parce qu’ils sont arrivés à la conclusion que sans cet accord, ce serait la fin du monde ? Parce que les températures ne font que monter dans leurs pays ? Ce sont des questions rhétoriques bien sûr. La vraie raison dans ce bas monde est le plus souvent à chercher ailleurs.

Dans l’article auquel je fais référence plus haut, j’avais cité la décision de transférer 100 milliards de dollars par an des pays de l’OCDE vers tous les autres, y compris l’Inde et la Chine. Cette décision constitue une partie intégrale de l’Accord de Paris. C’est un argument très puissant pour mettre sa signature sous un document ! Car 100 milliards de dollars, c’est beaucoup d’argent. Enlevez cette décision, et la belle unanimité risque fort de voler en éclats.

Qui va payer cette somme colossale et annuelle ? Nous, la riche Europe, mais maintenant sans les USA : la facture risque d’être salée. Est-ce une des raisons derrière l’indignation européenne devant la décision du président Trump ? 
Et où va partir cet argent ? Dans le développement nécessaire du Sud ? Ou dans les poches de ses dirigeants, trop souvent corrompus ? Il y a un précédent de fort mauvais augure. L’Occident a versé depuis des années beaucoup d’argent aux autorités palestiniennes et gazaouites. Où est parti cet argent ? Vous l’avez deviné (ou vous le saviez déjà) : dans les poches de ses très riches dirigeants, des gens comme Yasser Arafat et Mahmoud Abbas. Apparemment, nos gouvernements sont bien plus à l’aise à sortir l’argent des caisses publiques (le public étant les gens qui paient les taxes) qu’à contrôler la façon dont il est utilisé.
Notons en passant que la grande finance a financé une partie des coûts de la COP-21 et continue de marteler qu’il faut mettre en œuvre l’Accord de Paris car – vous l’aurez compris – ces 100 milliards vont être manipulés par les grandes banques. Le comble est que les gens pensent que les capitalistes ne veulent pas de l’Accord de Paris, alors que ce sont eux qui y poussent pour profiter de l’argent public.

Le réchauffement ? Parlons-en !
La climatocrédulité ressemble fort à une secte chrétienne. Sa foi, à l’image de la foi chrétienne, est fondée sur des prophéties. Celles-ci sont l’œuvre du très politique GIEC, et jouissent d’une médiatisation tout à fait remarquable. Que disent ses prophéties ? Que nous allons connaître une hausse de plusieurs degrés centigrade de la température moyenne (on parle de 5 à 7 degrés) d’ici la fin du siècle, à moins de prendre des mesures draconiennes, l’Accord de Paris visant à limiter à 2°C cette augmentation annoncée par des ordinateurs.
J’aimerais tout simplement rappeler ceci.

On a déjà connu des périodes de réchauffement climatique par le passé, et sans qu’il y ait eu question d’une hausse alarmante de la température causée par l’activité humaine. Ce fut le cas au Moyen-âge lors de l’optimum climatique médiéval. Ce fut un temps où le raisin poussait en Angleterre. Des épisodes de refroidissement climatique ont suivi ces réchauffements naturels.

En lisant un livre d’histoire sur l’an mil, publié avant la frénésie du changement climatique anthropique, je suis tombé sur le paragraphe suivant : “Il faut se rappeler que le climat mondial autour de l’an 1000 A.D. était plus modéré qu’aujourd’hui, particulièrement dans l’Atlantique Nord. Tant en Groenland qu’en Islande, la température était plus haute d’un degré centigrade, ce qui fait une différence considérable, puisque la température globale de l’Age de glace était seulement de trois degrés plus froide qu’aujourd’hui. …” [3]

Ce qui a piqué mon intérêt est la différence de ces températures. Un degré est une différence considérable et l’Age de glace, temps catastrophique s’il en est un, n’était que de trois degrés plus froid qu’aujourd’hui. Alors, avoir la prétention d’annoncer des hausses de 5 à 7 degrés pour la fin de notre siècle semble bien excessif et sans aucun fondement dans l’histoire et, faut-il l’ajouter, dans la science.

A cela, j’aimerais ajouter un article du New York Times du 21 mai 1975. L’entête : Des scientifiques se demandent si le climat mondial est en train de changer; un refroidissement majeur peut être à la porte.
Environ 20 ans avant le début du matraquage autour d’un réchauffement climatique, des scientifiques pouvaient donc se poser la question contraire ! Qu’est-ce que cela nous dit sur la capacité de prévision du climat, si non de conclure qu’il est impossible de dire quel climat on aura d’ici 25 ans ? Alors, d’ici 50 ou 100 ans, la question ne se pose même pas. Curieusement d’ailleurs, à la page 774 du 3me Rapport d’évaluation du GIEC de 2001, il est dit de manière tout à fait explicite qu’il est impossible de déterminer mathématiquement le climat à long terme[4]
Le Monde écrivait au sujet de ce refroidissement annoncé :
“« Les scientifiques étaient tous d’accord pour penser, dans les années 1970, que la Terre se dirigeait à grands pas vers une nouvelle ère glaciaire. » Omniprésente dans la blogosphère climatosceptique, cette affirmation sous-entend, bien sûr, que le consensus actuel sur le réchauffement en cours et à venir ne vaut peut-être pas beaucoup mieux…
Il n’y a, en réalité, jamais eu le moindre consensus dans la communauté scientifique, dans les années 1970, pour affirmer que la Terre était entrée – ou allait entrer – dans une phase de baisse durable et prolongée des températures. Il y a bien eu des articles de presse sur ce thème comme en témoigne cette couverture du magazine Time barrée du titre « The Big Freeze » (« Le grand coup de froid ») et publiée le 31 janvier 1977… Mais qui faut-il blâmer : les scientifiques ou les journalistes ?” [5]
Les scientifiques étaient-ils tous d’accord ? Donc le New York Times et Time magazine avaient tout inventé ? Non bien sûr. Il n’y a pas eu de consensus. Tous n’étaient pas d’accord. Et nous en sommes toujours là. Et plus la science se met à hésiter, plus la bulle climatocrédule gonfle. Parce qu’il y a beaucoup de milliards de dollars en jeu ? Parce que pour beaucoup, mieux vaut être vert que paraître stupide ?

Voici pour rappel de l’histoire récente du climat l’amplitude des fluctuations de la température selon les carottages du Groenland :

Amplitudes des variations de température au Groenland comparées aux variations globales récentes estimées.
On remarque que les températures du 20e siècle (en bleu ) varient actuellement selon une amplitude bien plus faible que dans le passé. On note aussi que les températures des époques historiquement connues comme plus froide du Petit-âge glaciaire ainsi que des périodes connues historiquement plus chaudes comme l'optimum climatique du Moyen-âge sont bien traduites sur cette courbe de résultats observationnels.


D’étranges amalgames
Récemment, je fus intrigué de lire que l’on avait dévoilé la cause essentielle du réchauffement climatique. Voici une citation de cet article :
« Lors d’un interview récent avec Refinery 29, Gloria Steinem [6] a dit que le changement climatique aurait pu être évité si plus de femmes avaient avorté leurs enfants. Elle expliquait : La “Climate deprivation” (la privation du climat) est causée par la population. Plus d’avortements auraient empêché l’élévation de la température globale. “[S]i on n’avait pas systématiquement forcé les femmes à avoir les enfants qu’elles ne voulaient pas avoir […] durant les derniers 500 ans de patriarcat, nous n’aurions pas les problèmes climatiques d’aujourd’hui. C’est bien là la cause fondamentale du changement climatique.” » [7]

Etrange amalgame ? Sans doute, mais saviez-vous que cela se trouve déjà, de manière voilée, dans le préambule de l’Accord de Paris ? Voici le paragraphe en question :

Conscientes que les changements climatiques sont un sujet de préoccupation pour l’humanité tout entière et que, lorsqu’elles prennent des mesures face à ces changements, les Parties devraient respecter, promouvoir et prendre en considération leurs obligations respectives concernant les droits de l’Homme, le droit à la santé, les droits des peuples autochtones, des communautés locales, des migrants, des enfants, des personnes handicapées et des personnes en situation vulnérable et le droit au développement, ainsi que l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et l’équité entre les générations, [8]
Que veulent dire ces mots “l’autonomisation des femmes”, “l’égalité des sexes” et “l’équité entre les générations” ? Sont-ils des euphémismes pour la promotion de l’avortement, de la doctrine du genre et de l’euthanasie ? Et que fait ce paragraphe ici, dans le préambule d’un texte sur le climat ? Si nous nous trouvions devant un vaste mouvement ayant pour dessein secret de redessiner l’humanité, l’aurait-on dit autrement ? Non seulement ce paragraphe jette le doute sur l’ensemble de l’Accord de Paris, mais il y donne une tournure sinistre. Sauf que cela n’est plus sinistre aux yeux de la majorité endoctrinée. La climatocrédulité est emballée dans un paquet surprise qui contient en fait les mesures les plus radicales pour façonner Le meilleur des mondes[9]

A cela, permettez-moi d’ajouter les remarques suivantes d’une pertinence totale. Jonathon van Maren, journaliste canadien, écrit sur la question pourquoi beaucoup de conservateurs sont des climatosceptiques.

Tout d’abord, les progressistes passent beaucoup de temps à critiquer ceux qui ne partagent pas leur opinion sur la nature apocalyptique du changement climatique. Pour eux, ces gens sont des “négationnistes de la science”. Le mot est calqué sur celui des “négationnistes de l’holocauste” et calculé pour avoir le même effet. Mais le problème pour les progressistes est leur manque de toute crédibilité dans ce dossier. Ils semblent seulement tenir à la science quand cela les arrange. Comme le disait Sean Davis sur Twitter, au début des récriminations autour du retrait de l’Accord de Paris : “Si vous ne pouvez pas me dire combien il y a de genres, ni à quel moment commence la vie humaine, permettez-moi de ne pas m’arrêter à vos théories sur la météo du siècle prochain.”
… Il y a un consensus scientifique coulé dans le marbre sur la question du début de la vie – à la conception [10] – mais dès qu’on parle du sujet de la vie humaine intra-utérine – une vie que l’on peut en fait observer – les progressistes se muent en négationnistes de la science. Et pourquoi ? Parce qu’admettre le fait évident que la vie humaine intra-utérine est bien une vie humaine causerait des dommages au sacrement séculier de l’avortement. … La même chose s’applique au sujet de la nouvelle folie du genre. Il y a maintenant des révolutionnaires sociaux qui prétendent qu’il peut y avoir jusqu’à 50 genres ou identifications sexuelles, et la tendance d’une autodétermination absolue – des gens qui s’identifient comme des animaux, voire même des enfants – est en route. Des scientifiques qui ne sont pas d’accord, comme le psychologue Dr Jordan Peterson, sont mis au pilori comme des bigots haïssables. On leur dit que leur désaccord constitue en fait une violence réelle. … 
Pourquoi [nos progressistes] ignorent-ils l’embryologie que l’on peut observer [11] tout en étant obsédés par une climatologie théorique ?
Les progressistes ne veulent pas seulement toujours plus de régulations. Ils veulent restructurer l’économie mondiale sur base d’un palmarès scientifique de prédictions récurrentes d’apocalypses qui ne sont jamais arrivés. … Les gens produisent du dioxyde de carbone, le dioxyde de carbone est en train de nous tuer, donc les gens sont mauvais et doivent être tués. Heureusement, nous avons le Planning familial international et la phalange d’apologistes progressistes négationnistes de la science qui font des heures sup pour les protéger d’investigations pour nous y aider. [12]

Ce n’est pas tout. Le retrait des USA de l’Accord de Paris a soulevé également l’ire de certains capitaines des grandes entreprises américaines. Parmi eux, des leaders d’entreprises de la Silicon Valley comme Apple, Facebook et Google. Or, ces mêmes personnes ont écrit, il y a peu, une lettre au gouverneur du Texas, Greg Abbott, pour protester contre une nouvelle loi que celui-ci s’apprêtait à signer. [13] Quelle loi ? Une loi qui permettrait de protéger contre la législation pro-gay ces centres d’adoption qui refusent d’accepter des personnes homosexuelles et transgenre comme futurs parents de leurs enfants à adopter. Les PDG de ces sociétés appellent cette loi discriminatoire et demandent au gouverneur de ne pas la signer, ou, autrement dit, de continuer une politique lourdement en faveur des lobbys gays. Le bâton derrière la porte : S’il signe quand même la loi, cela coûtera des emplois, beaucoup d’emplois.

Etrange amalgame entre la politique préconisée par l’Accord de Paris et les pouvoirs économiques pro LGBTrans. Sous nos yeux, une nouvelle dictature qui se veut planétaire est en train de remplacer la démocratie moribonde.


Tout autour de nous, les anciens fondements sont explosés les uns après les autres. Les anciennes libertés sont peu à peu échangées contre le privilège de pouvoir “sauver la planète”, tout en “autonomisant la femme”, en atomisant le couple, en stérilisant tout vrai débat et en coupant l’Occident de ses vraies racines. Rapidement, la dictature des crédules se mue en une dictature tout court. Quand cette nouvelle “liberté” s’avérera être le pire des esclavages, il sera sans doute trop tard. Mais il sera grand temps de lire l’Apocalypse. Si, toutefois, on en aura encore la permission. [14]





[1] Puis-je proposer qu’on utilise systématiquement ce vocable par souci d’équité et d’honnêteté intellectuelle ? En effet, on parle souvent et en négatif des climatosceptiques. Les scientifiques étant divisés sur cette question, l’autre coté doit être qualifié d’une façon semblable. Je pense que “climatocrédule” convient plutôt bien.
[2] Vous pouvez trouver l’essentiel du texte ici : http://palingenesie.com/accord-de-paris-interview/.
[3] James Reston, Jr, The last Apocalypse, Europe at the year 1000 A.D., Random House, Anchor books, 1998, page 51.
[4] Cité en : Samuele Furfari, L’écologie au pays des merveilles, Paris: François Bourin Editeur 2012, page 194. C’est moi qui souligne.
[6] Une féministe connue depuis les années 60.
[9] Le titre du roman d’anticipation d’Aldous Huxley, écrit en 1932.

lundi 29 mai 2017

Quand le futur s'écrit aujourd'hui

Un "homme nouveau", produit des labos et de l'informatique, est en train de naître avec des conséquences à faire froid dans le dos. Des gens qui ont tourné le dos à la foi chrétienne et son éthique encombrante jouent à l'apprenti sorcier pour préparer des lendemains à pleurer.
Voici deux articles pour s'en rendre compte.
Merci au service presse du CPDH qui nous déniche ses articles !

Dans le premier article, j'ai augmenté légèrement les notes selon les liens indiqués.

Le Transhumanisme : l’homme dans la tourmente


Le Transhumanisme
Les plus illustres scientifiques croyaient en une entité supérieure, une intelligence qui dictait les phénomènes découverts. Plus ils entraient dans cet univers que seul un esprit pourvu de questionnements pouvait sonder, plus ils se confortaient dans une foi. Ils étaient fascinés par ce qu’ils observaient et il n’y avait rien de plus fort que la croyance en un Dieu créateur pour soulager la fièvre que provoquaient ces découvertes. Éclairés par cette cause première de toutes choses, ils ne cessaient de s’émerveiller de ce que la nature soit intelligible à l’homme. Nicolas Copernic, Johannes Kepler, Galilée, William Harvey, Robert Boyle, John Ray, Isaac Newton, Louis Pasteur, William Thomson Kelvin et Albert Einstein nous ont apporté la vision actuelle de notre environnement et pourtant, tous croyaient en Dieu.

Au début du XXème siècle, la sécularisation [1] apparaît sous la pression d’une forte expansion scientifique – la religion s’efface en emportant avec elle l’humilité qu’elle conférait à ceux qui découvraient. Des scientifiques comme Haldane amorcent des idées où l’homme pourra contrôler son évolution en réalisant des mutations génétiques grâce à la fécondation in vitro – nous goûtons à l’ère industrielle qui nous propulsera jusqu’à aujourd’hui. En 1932, Aldous Huxley entr’ouvre une porte au grand public sur des idées dystopiques d’une société anesthésiée par le progrès scientifique avec l’apparition de son célèbre ouvrage : Le meilleur des mondes. Fin des années 60, de nouveaux mouvements religieux (NMR) comme l’astrologie, voyance, réincarnation, télépathie, expérience de mort imminente, pratiques spirites, groupes syncrétiques d’origine orientale (néo-bouddhisme, néo-hindouisme), New Age, etc. voient le jour.

Est-ce un hasard si c’est à cette même époque que Julian Huxley (biologiste et frère d’Aldous Huxley) nous a fait découvrir le mot transhumanisme ? Cette philosophie avait son autoroute toute tracée pour venir s’implanter dans notre quotidien. Nous pouvons penser qu’avec la perte d’humilité, scellée par la religion dans le cœur des plus curieux de l’époque, l’homme s’est découvert créateur. Il est convaincu de sa singularité et se crée une foi – celle de lui-même. Les outils qu’il façonne à l’aide des sciences vont tordre l’espace-temps, bouleverser son habitat et propulser sa propre condition vers un éclatement qu’il ne contrôlera plus.

Cet emballement est à l’image du monde qu’il a fait naître – un monde des finances qui étouffe la condition humaine où l’essentiel est oublié : être libre. Cette folle envie inconsidérée de tout maîtriser nous emprisonne dans un individualisme – charriant notre égo nous abîmons notre condition humaine.

Cependant, le transhumanisme des années 70, individualiste et libertarien, a évolué pour devenir aujourd’hui sensible aux aspects sociaux, sanitaires et environnementaux [2] – technoprogressisme ou transhumanisme démocratique. Ce mouvement transhumaniste même sous une forme modérée qu’une partie du milieu médical favorise, va nous conduire sur le chemin du libre échange du corps et de l’esprit : le posthumain.

Aujourd’hui
Nous sommes familiers aux idées d’une augmentation des performances et ces derniers temps le mot transhumanisme ne nous est plus étranger. Une société qui reconnaît le premier – le meilleur – mais jamais le deuxième, une société qui nous rend angoissés par les frustrations du perdant, génère une fuite du réel vers un monde artificiel que nous pouvons maîtriser en étant le meilleur.

Cette frénésie, qui soulage la souffrance de ne pas pouvoir exister suffisamment dans le monde réel, nous ôte le lien social – nous nous enfonçons dans un artefact de la vie à coup de réseaux sociaux, jeux vidéos, écrans simulant la réalité, achats en ligne, télétravail, etc. Nos politiques nous tournant le dos, ce sont les GAFA [3] qui se présentent à nous – devenus hétéronomes [4] à leurs technologies, nous fabriquons avec ces outils notre bonheur artificiel.

Aujourd’hui, penser co-évoluer avec ces techniques ne nous paraît pas extraordinaire et pour nous en convaincre, considérons la liste ci-dessous :
Prolongation de la vie,
Amélioration physique,
Amélioration cognitive,
Biométrie,
Amélioration émotionnelle,
Téléchargement de l’esprit,
Ingénierie génétique, biologie de synthèse,
Création de tissus,
Nanotechnologies, augmentations, implants, puces,
Intelligence artificielle,
Robotique,
Exploration de l’espace,
Réalité virtuelle, augmentée, mixte,
Informatique Quantique,
Nourriture synthétique – légumes modifiés,
Blockchain,
Clonage.

Êtes-vous catastrophés ?
Prenons de la hauteur et évaluons le temps qu’il nous a fallu pour passer de ces idées folles à leurs concrétisations sur l’échelle de l’humanité. Je vous invite pour cela à faire un focus sur une période de la vie d’un homme; nous y sommes presque !

Continuons à zoomer et vous voilà en 2008, au moment de souffler vos 51 ans (si vous êtes né (e) en 1957) – c’est ce temps-là qu’il a fallu pour arriver à cloner des embryons humains à partir de cellules de peau [5]. Cet exemple, représentatif de la rapide évolution de ces idées transhumanistes, nous semblait incontestablement faire partie d’une fiction cauchemardesque : nous sommes face au clonage reproductif où l’égoïsme est sublimé.
Maintenant, imaginez la même évolution sans les « lock-in » [6] de l’époque : bienvenue chez les GAFA. Car, au moment même où nous philosophons, Facebook et son PDG Mark Zuckerberg viennent d’annoncer lors de leur conférence annuelle les différents projets en développement et notamment : une interface cerveau-machine. [7] Comprenez que nous sommes en plein cœur de cette course technologique qui permettra d’augmenter l’homme et de diffuser encore un peu plus les idées transhumanistes dans notre vie quotidienne – Ray Kurzweil et la Singularity University [8], Facebook et le B8 [9] en sont les plus représentatifs.
Hier, le transhumanisme comme pensée idéologique sur l’amélioration de l’homme devient aujourd’hui un courant politique, économique et financier. Et il n’est pas seulement à craindre pour l’humanité mais aussi pour notre environnement : l’ensemble commence déjà à vaciller. Car même si les plus climato-sceptiques ont l’argument lourd pour déresponsabiliser l’activité humaine sur les bouleversements environnementaux, on observe une accélération des catastrophes (tsunamis, ouragans, canicules, séismes, Ebola, etc.)[10]
Dans tous les cas, il y aura un besoin phénoménal en énergie que nous ne parviendrons pas à obtenir sans aggraver la situation.

Nous sommes dans une mauvaise dynamique; tout du moins nos élites : 
« l’hyperglobalisation a donc transformé l’économie mondiale en un système géant hautement complexe qui connecte et décuple les risques propres à chacun des secteurs critiques […]». [11]
L’environnement, l’énergie et l’humain sont au bord d’un predicament [12].

Demain
Interconnecté, élaboré sur le même modèle et charriant notre anthropodicée [13], l’homme se dirige vers une bouffissure artificielle – un monde structuré par des algorythmes.
Le monde dans lequel nous vivons s’est construit depuis le début du XXème siècle (ère industrielle) sous une nouvelle forme : la mondialisation. Loin des tentatives d’unification de Charles Quint et décriée par les altermondialistes, elle a su s’imposer comme modèle économique. Ce phénomène a eu un impact multiple : culturel, politique, géographique et sociologique.

« La mondialisation est inéluctable et irréversible. Nous vivons déjà dans un monde d’interconnexion et d’interdépendance à l’échelle de la planète. Tout ce qui peut se passer quelque part affecte la vie et l’avenir des gens partout ailleurs. Lorsque les mesures à adopter ont évolué dans un endroit donné, il faut prendre en compte les réactions dans le reste du monde. Aucun territoire souverain, si vaste, si peuplé, si riche soit-il, ne peut protéger à lui seul ses conditions de vie, sa sécurité, sa prospérité à long terme, son modèle social ou l’existence de ses habitants. Notre dépendance mutuelle s’exerce à l’échelle mondiale […] » [14].

Comprenons que nous sommes de plus en plus cantonnés au périmètre délimité par de puissantes holdings. La finance vient d’actionner le levier idéologique du transhumanisme pour investir la révolution industrielle [15] qui a déjà commencé. Seulement, si la spéculation est trop forte, le sort de l’humain risque de voler en éclat.

Demain, notre pensée sera déposée dans une clé USB [16], uploadable, nous pourrons ainsi changer d’enveloppe ou encore diffuser notre pensée dans la toile interconnectée qu’on nous aura tissée.

Ne vous méprenez pas, les GAFA mettent énormément d’argent et d’énergie pour y parvenir : neurone formel, perceptron, etc. sont des sujets exploités. [17]
Cependant, il nous faudra dépasser ce qui fait de nous des humains pour accepter ce monde artificiel : la critique et le désir d’être libre.

L’homme dans la tourmente
Qu’est-ce que l’homme, au sens intergenre ? Pour répondre à cette question, il faut avoir le cœur sensible au mouvement humaniste. Nous nous définissons « homme » par notre humanité et c’est cela même qui nous fait nous interroger sur les risques de cette transhumance. Pierre angulaire des mouvements traitant d’éthique, la question de savoir si nous allons perdre notre humanité est au centre de la tourmente.
L’humanité désigne une vie qui conscientise sa condition d’être; libre et critique – l’homme en représente toutes les caractéristiques. Ce modèle ne sépare pas le corps de l’esprit comme l’envisage le transhumanisme. « L’”Homme” n’est pas une “nature” ou une “essence”. Il est la cristallisation généalogique provisoire et instable d’une forme de vie en évolution (…)» [18].

Le gnosticisme [19] considère le corps et la vie terrestre comme une prison dont l’homme doit se libérer pour être sauvé. C’est de ce postulat ésotérique que le mouvement transhumaniste base ses idées les plus dangereuses.

Si nous reprenons l’exemple de la reproduction de la conscience, actuellement, avec la duplication des neurones formels sous des modèles mathématiques complexes, il n’est pas possible de créer une conscience sans considérer dans son ensemble le cerveau (la matière) et la pensée – des interactions entre les deux sont observées. Pour les chercheurs les plus vigilants, il est possible de créer une structure qualitative du vécu mais sans obtenir une conscience [20].

Malheureusement, c’est avec des artefacts comme décrits précédemment que le transhumanisme veut construire un futur artificiel.
Ne sous-estimons pas ce mouvement transhumaniste qui par une idéologie scientiste et futurologiste opère une dissociation de la pensée et du cerveau : il est en passe de brouiller la frontière entre le réel et l’artificiel.

Cependant, il ne tient qu’à nous de nous informer, nous instruire et d’échanger sur le phénomène posthumain car en définitive nous sommes déjà dans la transhumance.
Nous ne devons pas non plus avoir une vision chaotique de notre futur – nous observons une recrudescence de mobilisations sur l’éthique liée à l’impact des nouvelles technologies sur l’humain.

Le fait que des espaces de dialogue – comme celui que vous êtes en train de lire – existent, est un exemple d’espoir. Alors, si notre cœur nous insuffle, encore, le sens critique et le goût de la liberté – interrogeons-nous et agissons.

Nicolas BERNARD







[1] Sciences Humaines : Les métamorphoses des croyances religieuses.
[2] IEET (Institut pour l’éthique et les technologies émergentes).
[3] GAFA, ou GAFAM, acronyme constitué des géants les plus connus (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).
[4] Hétéronomie: le fait qu'un être vive selon des règles qui lui sont imposées, selon une "loi" subie. L'hétéronomie est l'inverse de l'autonomie, où un être vit et interagit avec le reste du monde selon sa nature propre.
[5] Revue La Recherche n° 417, mars 2008.
[6] Lock-in : la réalisation d’une dominance au niveau d’une technologie particulière ou d’un produit.
[8] Singularity university is a global community using exponential technologies to tackle the world’s biggest challenges.
[9] Facebook – B8 : Building 8 at Facebook is focused on building new hardware products to advance our mission of connecting the world. We bring together world-class experts to develop seemingly impossible products that define new categories. We drive innovation in augmented and virtual reality, artificial intelligence, connectivity and other important breakthrough areas. Our teams move fast, with aggressive and fixed timelines.
[10] Catastrophes naturelles : Bilan statistique des catastrophes naturelles survenues dans le Monde entre 2001-2015.
[11] Pablo ServigneRaphaël StevensComment tout peut s’effondrer, coll. anthropocène ed. Seuil,
[12] Predicament Revue Acropolis: L’effondrement de notre civilisation industrielle.
[13] Anthropodicée : néologisme calqué sur théodicée pour désigner une philosophie dans laquelle l'homme a pris la place occupée par Dieu dans la philosophie classique.
[14] Zygmunt Bauman. Sociologue. Il était professeur émérite à l'université de Leeds. Il est un des principaux représentants de l'École postmoderne.
[15] Rapport Mady Delvaux – La révolution industrielle.
[18] Jean-Marie SchaefferLa Fin de l’exception humaine, Paris, Gallimard, 2007. Cité in Pour une histoire naturelle de l’homme [archive], compte-rendu de lecture sur La Vie des idées.
[19] Gnosticisme : Les thèses gnostiques. La gnose (du grec gnosis = connaissance révélée) est une doctrine ésotérique, proposant à ses initiés une voie vers le salut par la connaissance de certaines vérités cachées sur Dieu, le monde et l'homme. Dans ces théories, l’homme est un être divin, qui par suite d'un événement tragique, est tombé sur terre d'où il peut se relever pour retourner à son état premier par la Révélation.
[20] Christophe Habasconférence publique – Nantes : Le Transhumanisme avec Le Grand orient de France.

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Un ovaire imprimé en 3D a permis la naissance de bébés souris

Marie-Céline Jacquier, Journaliste

 Publié le 17/05/2017

Zone de Texte: CE QU'IL FAUT RETENIR
• Des follicules ovariens ont été placés dans la matrice gélatineuse d'un ovaire imprimé en 3D.
• Des souris sans ovaires ont reçu les ovaires synthétiques ainsi fabriqués.
• Les souris ont ovulé, se sont accouplées et ont donné naissance à des petits normaux.




Des souris stériles, chez qui un ovaire imprimé en 3D a été implanté, ont donné naissance à des bébés souris en bonne santé. Une première étape avant de fabriquer des ovaires artificiels pour des patientes souffrant d’infertilité...
L’impression 3D fait des prouesses : certains s’en sont servis pour imprimer des oreilles, des os, des muscles, du cartilage... Et voilà que des scientifiques proposent maintenant de traiter des cas d’infertilité en imprimant un ovaire artificiel. L’expérience a été réussie chez la souris.
Zone de Texte: Le saviez-vous ?
Les follicules ovariens sont des structures sphériques, multicellulaires, qui contiennent un ovocyte (le gamète femelle) entouré de cellules de la granulosa et d’enveloppes : les thèques. Les cellules folliculaires produisent des hormones en réponse aux stimulations hormonales de l’axe hypothalamo-hypophysaire.
Dans la revue Nature Communications, les scientifiques de l’université Northwestern, à Chicago, décrivent comment ils ont imprimé de surprenants implants grâce à une encre gélatineuse. Les matrices poreuses ainsi obtenues devaient servir de support pour les follicules ovariens : les micropores de la matrice fournissent un espace qui peut être rempli par un follicule. La taille et la localisation des trous ont été pensées pour contenir des dizaines de follicules et permettre aux vaisseaux sanguins de se connecter aux implants.
Les souris ont été ovariectomisées (on a retiré leurs ovaires) et elles ont reçu les implants. L’ovaire artificiel permettait la maturation des ovocytes in vitro et in vivo. La vascularisation a pu se faire in vivo : les implants se sont raccordés à la circulation sanguine en une semaine. Ils ont libéré des ovocytes matures de manière naturelle à travers les pores de la structure gélatineuse, grâce à une ovulation normale.


La flèche montre le follicule dans la matrice imprimée. © Laronda et al.Nature Communications 2017 

La reproduction et l’allaitement ont lieu normalement

Les ovaires de synthèse ont donc restauré la fonction ovarienne chez les souris stériles, sans que des hormones n’aient été données artificiellement aux souris. L’ovulation s’est faite grâce aux hormones produites dans l’organisme de l’animal.
Sept souris se sont accouplées après avoir reçu leurs ovaires artificiels ; trois d’entre elles ont donné naissance à des bébés souris qui s’étaient développés à partir d’ovules produits par les implants. Les bébés souris ont été allaités normalement par leur mère et se sont même reproduits plus tard.
Pour l’heure, on ne sait pas si cette approche fonctionnerait dans le cas de l’espèce humaine, où les follicules sont bien plus gros. Mais ce travail franchit une nouvelle étape pour permettre à des jeunes femmes d’avoir des enfants, notamment après un traitement anti-cancer. En effet, une chimiothérapie et de hautes doses de radiations peuvent détruire les ovocytes d’une femme; ces traitements anti-cancer augmentent les risques d’infertilité ou de ménopause précoce.

Le premier tissu cardiaque synthétique et fonctionnel imprimé en 3D  Des chercheurs de l’université d’Harvard, aux États-Unis, ont créé un tissu cardiaque humain intégrant une puce associée à des capteurs. Imprimé en 3D, l’ensemble permet de simuler des dysfonctionnements et d’analyser l’efficacité et les conséquences d’un traitement médical sur la durée.